- Accueil
- Nos articles
Nos articles
MARCH OF SCYLLA : SONS OF MYTHOLOGY
Le 15/03/2025
« Je peux me mettre dans la peau d’Ulysse ou dans celle d’Achille, et questionner mes propres choix de vie. »
Une interview d'Ingrid Denis
C'était un soir de concert au KLUB, antre du Métal à Paris, organisé par BGP Music Live. Plusieurs formations étaient invitées, et une chanteuse de rock prog pleine de doutes se demandait si son groupe allait coller au style très Métal de la soirée.
Appelons ça le trac !
Comme souvent dans ces cas-là, on observe et on se laisse porter, c’est ce qu’il y a de mieux pour se faire surprendre. Car l’affiche a tenu ses promesses de diversité musicale, et fut l’occasion de rencontrer de joyeuses personnalités en coulisses.
Ce soir-là donc, il y avait le groupe de Post Metal MARCH OF SCYLLA, venu tout spécialement d’Amiens pour leur seconde date dans la capitale. Les côtoyer quelques heures, c'est apprécier leur gentillesse, admirer leur talent, et être bluffés par leur sens du casting : on ne s’attend pas en effet à tomber sur les Sons Of Anarchy en plein Paris !
Après 2 EPs remarqués, leur premier album, ANDROMEDA, sort le 7 mars 2025, et loin des rades poussiéreux de trafiquants Californiens, c'est plutôt du côté de la Grèce et de ses contes mythologiques que le combo a puisé pour façonner son univers mystique et puissant, alliant la complexité du son et la réflexion sur la nature humaine. Le résultat est envoûtant, et vous colle à l’esprit autant qu’il suscite de frissons devant l’intensité des riffs et du chant.
Pour vous aider à mesurer leurs qualités, sachez qu’ils sont signés chez KLONOSPHERE, excellent promoteur de la scène française Métal la plus pointue, tendance haute couture : KLONE bien sûr, mais aussi MAUDITS, NO TERROR IN THE BANG, ou encore SEEDS OF MARY sont dans le roster. En pleine ascension, ces gars-là sont bien partis pour décrocher leur place dans la constellation des meilleurs du genre, et devenir ainsi, on leur souhaite, les futurs GOJIRA ?
En attendant, la chanteuse plutôt curieuse se propose de prendre sa plume d’intervieweuse pour Ahasverus-Métaux en tous genres, afin de mieux faire connaissance avec les Amiénois.
Qui sont-ils, d'où viennent-ils, formidables métalleux des temps nouveaux ?
Ingrid : Allez, on va commencer par la sortie de cet album, le tout premier de votre formation actuelle, tout premier avec la promo intense qui s’annonce... Comment vous sentez-vous ?
Flo (chant) : Salut Ingrid, et merci pour la sympathique entrée en matière… Bah écoute, super bien, mais effectivement assez impatients d’avoir des retours sur l’album… Quand on a travaillé et investi autant pour cinquante minutes de musique, on est forcément un peu fébriles…
Ingrid : Est-ce que vous faites du Métal depuis toujours, ou vous êtes passés par d’autres styles ? Quel est votre parcours musical ?
Flo : Pour ma part depuis toujours, oui… à la fin des 90’s je faisais des reprises de grunge ou de Deftones… Ensuite on a tous eu pas mal de groupes qu’il serait trop long de citer… du death, du prog, du stoner, du psyché, et même de la cold wave pour moi ! Donc beaucoup d’aspects du rock et du métal…
Ingrid : Comment s'organise la composition chez March Of Scylla : un seul orfèvre à la musique, ou un travail collectif puis les lignes de chant ? Qui décide des samples, comment sont-ils produits (clavier, autre) ?
Flo : On fonctionne quasiment toujours de la même façon… Chris écrit la musique dans les grandes lignes en commençant par guitare et samples… ensuite on discute des structures, Gilles adapte la drum en modifiant certaines rythmiques et je termine par les voix.
Ingrid : Quel est votre morceau favori de l’album, et pourquoi ? Pour ma part j’adore le tortueux BLaAST, ou encore le combo MYRRAH/COSMOGONY avec l’intro rythmique du dernier et son refrain qu’on reprendrait bien dans la foule en festival. Il y a aussi un petit intermède un peu à part sur l’album, “TO CASSIOPEA”, comme un moment d’invocation, qui me fait penser un peu à du Dead Can Dance. Quelle était l’idée derrière, comment l’avez-vous pensé et intégré, et pourquoi pas plus long ?
Flo : Déjà, c'est super, deux des morceaux que tu cites font partie de mes préférés de l'album. “To Cassiopeia” a été pensé pour être l’intro de Dark Matter. C'est un morceau interlude avec uniquement des voix et différents effets. Je voulais une ambiance de voyage spatial et spirituel… on se promène entre les astres, on est aspiré dans le vide et le froid spatial tout en étant transcendé par cette beauté… jusqu'à mon questionnement sur la matière noire , son rôle dans la structuration de l’univers et sa possible déification pour moi.
Ingrid : Après avoir confié les mix et mastering de vos précédents EPs à Francis Caste, cette fois vous avez opté pour faire la totalité de la production avec lui. Pouvez-vous nous raconter cette expérience ? Comment cela s'est déroulé, combien de temps, et ce que cela vous a apporté techniquement ou autre, chacun à votre poste ? Quel est le niveau de satisfaction : smiley jaune orange rouge ?
Flo : Oui, énorme boulot ! Comme pour Dark Myth on a fait les prises drum chez Francis en une semaine… Énorme boulot pour Gilles mais ça permet de poser le jeu et de faire des choix, notamment grâce à son expérience. Les guitares, la basse et les voix ont été enregistrées en août dans nos Home studios respectifs à Chris et moi. Ensuite Francis a bossé quinze jours dessus pour tout intégrer et “faire de la couture”, comme il dit… C'est vraiment un travail considérable, pour lui comme pour nous car on n'a pas forcément la même idée du morceau au même moment. Alors il faut faire des choix, parfois les défendre, mais aussi faire confiance à l’expertise d’un pro… Au final on est ravi ! Maiiis il y a toujours deux ou trois trucs que personne n’entendra qu’on aurait peut être pu modifier un chouille… enfin, le mieux étant l’ennemi du bien, à un moment il faut y aller !
« Le fil conducteur, si on devait en trouver un, serait dans les histoires de personnages féminins de l’antiquité. »
Ingrid : Vous aviez un autre guitariste à l’origine du groupe apparemment, est-ce que vous avez pensé à en intégrer un nouveau depuis son départ, ou la formule à quatre vous convient ?
Flo : Oui en effet… on était inquiet après son départ, et indécis. Mais les retours qu’on a eu à cette époque étaient très bons sur le son. Et le groupe a vraiment pris un gros gap à ce moment-là. on a beaucoup tourné et on s'est rendu compte que la formule fonctionnait mieux… On ne reviendra sans doute plus jamais en arrière.
Ingrid : Question growl : comment as-tu commencé à saturer ? C'est une technique qui te venait naturellement ou tu l'as ajoutée en prenant des cours spécifiques ?
Flo : Il y a énormément de techniques de saturation, et certaines que je ne maîtrise pas ou qui ne m’intéressent pas… Personnellement j’en utilise trois : le growl death très grave que j'utilise peu car très death justement (sur l’album un peu à la fin de Death Experience), le scream hurlé qui est mon chant principal avec le chant clair, et le clair semi-saturé, celui des refrains en général… Je n’ai jamais pris de cours pour les growls. Certaines techniques sont arrivées très jeune, d’autres plus tard, à force de tester des choses et d’avoir des projets différents. Mais le plus technique reste finalement le chant clair…
Ingrid : Cet album est une continuité de l’EP “Dark Myth”, est-ce que ce sont des histoires indépendantes ou il y a un fil conducteur, quelque chose qu’il fallait approfondir ?
Flo : Hum… la continuité c'est certain. The Royal Way a été écrite juste après Dark Myth. Le fil conducteur, si on devait en trouver un, serait dans les histoires de personnages féminins de l’antiquité ayant vécu des épreuves incroyables et s’en étant plus ou moins sorties, mais sans jamais renoncer...
Ingrid : Pour écrire sur ces mythes, quels ont été tes supports ? Es-tu parti seulement des Métamorphoses d’Ovide, ou as-tu été inspiré par d'autres adaptations comme des pièces de théâtre par exemple (Racine, Anouilh), ou des films ? Tu relies ces thèmes à l'actualité, à l'expérience personnelle ?
Flo : Chris (guitares) est prof de philosophie. Quant à moi je suis plutôt historien de formation, et assez friand de récits comme l’Iliade et l'Odyssée d’Homère… En général quand quelque chose me touche dans ma vie personnelle ou dans l’actualité, je me demande si cette histoire n’existe pas déjà, et je fais des liens. Je peux me mettre dans la peau d’Ulysse (Ulysses'Lies) ou dans celle d’Achille (Achilles’Choice), et questionner mes propres choix de vie.
Ingrid : Pourquoi ce personnage d'Andromeda comme titre d’album, elle qui n’a pas de chanson dédiée ? Que représente-t-elle pour l’album ?
Flo : Je voulais un personnage féminin antique ayant subi une épreuve en faisant preuve de courage. Ce qui m’intéressait était également que son nom soit celui de la galaxie la plus proche de la nôtre puisque c'est un thème que l'on retrouve dans l’album. Faire un lien entre les mythes anciens et le cosmos.
Ingrid : Les visuels de Pierre Gacquer sont magistraux, presque hypnotiques, avec une esthétique 3D. Vous avez gardé la même ligne artistique que pour DARK MYTH. Imaginez-vous qu’il puisse y avoir un clip animé issu de l’univers graphique de Pierre, comme chez Tesseract ou Sleep Token ? (NDLR : question posée juste après le premier clip)
Flo : Merci. Oui tout à fait, c'est ce que nous avons fait avec Storm Dancer. Nous avons un ami, Médéric Harvard, dont c'est le métier. Ça donne un côté comic book vraiment sympa.
Ingrid : Vous avez choisi de lancer une cagnotte Ulule, ce qui est toujours un pari pour un groupe indé. Vous avez douté du succès de la collecte ou vous saviez que ça allait fonctionner, de fédérer autour de votre projet artistique ?
Flo : Haha ! On doute de tout quand on est artiste ! Est ce que les gens vont adhérer à notre musique, à notre univers, à notre esthétique ? Tu as beau avoir des retours super positifs, on est si nombreux sur le marché qu'il est compliqué de savoir comment ça va se passer à l'avance. Mais pour le coup on a été très agréablement surpris par la cagnotte. Enfin, on a eu peur aussi, mais c'est normal, ça se remplit surtout vers la fin… En tous cas, objectif atteint de ce côté-là !
Ingrid : Et donc depuis l’EP DARK MYTH vous avez signé chez KLONOSPHERE, LE label frenchie métal que le monde s'arrache. Comment s'est passée la rencontre avec eux ? Vous avez vu Guillaume Bernard dans un bureau avec du Champagne et des tapas ? Est-ce qu'ils ont participé de près ou de loin à la production de l'album, vont-ils s'occuper de la distribution, dans quelle mesure, etc ?
Flo : Oui, ça c'était vraiment la bonne surprise de l'année dernière ! Il nous fallait absolument un contrat de distribution pour obtenir des subventions. Perso j'étais fan déjà, et donc je misais gros sur ce label. C'est Adrien, de Victory Vision Agency, chez qui on est signé également, qui s'est occupé des démarches. Et Guillaume nous a fait confiance pour l'album à partir de trois titres entendus en pré prod !
« Maintenant pour nous l'essentiel est de faire découvrir notre musique. »
Ingrid : Question Antigone : On a vu récemment Joe Duplantier dans une campagne militante vegan, on pense aussi à Steven Wilson sur le même thème, ou encore Corey Taylor sur celui de la santé mentale. Pensez-vous que la scène Métal soit en évolution quant à la prise de parole des artistes ? Est-ce que finalement c'est “Métal” d'être militant, et pourriez-vous vous aussi être aussi engagés publiquement ?
Flo : Pour commencer à se positionner publiquement, il faut quand même déjà un certain niveau de notoriété, sinon ça n'a absolument aucun intérêt. Je trouve ça bien que certains le fassent même si on l'a vu, ça n'a quand même que très peu de répercussion. Je ne pense pas me tromper en me disant que nous nous sentons concernés par les droits des femmes et la protection de l'enfance. La montée du fascisme m'inquiète également au plus haut point. Maintenant pour nous l'essentiel est de faire découvrir notre musique. Si à un moment on nous prête une oreille attentive pourquoi pas…
Merci beaucoup Flo ! Vous pourrez également retrouver MARCH OF SCYLLA en live pour le ANDROMEDA TOUR, voici les premières dates annoncées :
- 22/03/ Clermont (Centre socioculturel)
- 19/04 Chaulnes (Metal Fest)
- 17/05 Nantes (Le Black Shelter)
- 07/06 Grenoble (Ampérage)
- 14/06 Lille (Brat Cave)
- 08/11 Douai (Unfest)
- 06/12 Amiens (1001 Bières)
SACRIFICE (thrash), Volume Six (21/02/2025)
Le 08/03/2025
Les amateurs de headbanging trouveront dans « Volume Six » de quoi secouer leur crinière.
Par Ahasverus
Si l'on en croit sa présentation sur Bandcamp, Sacrifice ferait partie du Big 4 du thrash metal canadien avec Voivod, Razor et Annihilator. Son nom est cependant moins connu que celui de certains des groupes cités.
Reste que Sacrifice a vu le jour en 1983 à Scarborough, dans l'Ontario, et qu'il sortait son premier album en 1986. Trois autres longs formats suivaient jusqu'à la séparation de 1993. En 2006, Sacrifice se ressoudait autour d'un cinquième album, « The Ones I Condemn », puis il commettait quelques splits et quelques live. Suivait, bien des années après, ce « Volume Six » daté de février 2025.
La formation a le même line-up depuis sa fondation dans les 80's. Le style est un thrash old school très efficace.
C'est par son instrumentation que Sacrifice sort du lot. Le groupe n'hésite d'ailleurs pas à mettre en place des plages instrumentales (« Lunar Eclipse », « Black Hashish »). Des morceaux comme « Your Hunger For War », titre phare de l'opus, sont de véritables rouleaux compresseurs dans un album qui ne cesse jamais vraiment de vous harcheler.
Nerveux, « Volume Six » tient la durée et parvient à relancer l'attention par quelques choix originaux (« Underneath Millenia »). Si le chant est monocorde, les intentions sont variées (« Black Hashish »). L'ensemble est plutôt réussi et apporte même un peu de sang neuf aux productions thrash.
Les amateurs de headbanging trouveront là de quoi secouer leur crinière.
DIRKSCHNEIDER (heavy metal), Balls to the Wall - Reloaded (28/02/2025)
Le 08/03/2025
Le résultat est à la hauteur des attentes et des talents qui s'additionnent sur la galette.
Par Ahasverus
Avec « Restless And Wild » (1982) et « Metal Heart » (1985), « Balls to the Wall » (1983) compte parmi les plus grands albums d'Accept.
Udo Dirkschneider a fait partie de la formation de Solingen jusqu'en 1987, date à laquelle les Allemands changent de style musical pour tenter de conquérir le marché américain.
Ce choix, plus commercial qu'artistique, pousse Dirkschneider à fonder UDO, puis Dirkschneider, groupe dans lequel officie à la batterie son fils Sven.
Udo a toujours pioché dans le répertoire d'Accept. Pour l'année 2025, il a décidé de revisiter la totalité de « Balls to the Wall » en compagnie d'invités. On est curieux de savoir pourquoi le choix du chanteur s'est porté sur cet album plutôt que sur « Restless And Wild », « Metal Heart », ou sur une compilation revisitant ses années Accept.
Dirkschneider explique : « Cet album est une pierre angulaire de ma carrière, bien sûr. C’est pourquoi il était encore plus important pour moi de faire briller les chansons originales sous un nouveau jour, sans en perdre l’essence initiale. Tous les invités ont apporté leur touche personnelle à ces morceaux classiques, et collaborer avec des chanteurs aussi exceptionnels les a transportés dans une dimension nouvelle et excitante. Le résultat est un hommage puissant à tous les fans, mais aussi une invitation pour la prochaine génération à découvrir ces chansons avec autant de passion que celle que j’avais lorsque je les ai enregistrées à l’époque. Pour moi, c’est un voyage personnel sans fin — Balls To The Wall fera toujours partie de moi. »
Bill Byford, Dee Snider, Michael Kiske et bien d'autres tauliers se succèdent pour partager avec Udo le chant de cette tracklist.
Le résultat est à la hauteur des attentes et des talents qui s'additionnent sur la galette. Si les versions ne sont pas fondamentalement différentes des originaux, l'investissement de chacun et les nouvelles parties de guitares donnent un bain de jouvence à ce grand album des années 80, même pour les titres les moins impérissables. Cette seconde jeunesse met finalement en évidence la qualité de l'ensemble de la tracklist.
« Balls to the Wall - Reloaded » est une sortie Reigning Phoenix Music.
BONFIRE (hard-rock), Higher Ground (24/01/2025)
Le 02/03/2025
Bonfire est né en 1986, même si la formation allemande était déjà en lice depuis 1972 sous le nom de Cacumen.
Le groupe d'Ingolstadt a une discographie longue comme le bras, une petite vingtaine d'albums studio accumulés au cours d'une carrière internationale à succès, méritoire et sans aucun break.
A soixante-cinq ans, Hans Ziller, le guitariste, reste le seul membre du groupe à avoir contribué à sa fondation.
Bonfire est revenu en janvier 2025 pour un nouvel album intitulé « Higher Ground ».
L'armature musicale est puissante, et s'il ne ne déchaîne pas les passions « Higher Ground » est un album agréable, à l'interprétation solide, pas agressif mais dont les épaules carrées imposent le respect (« When Love Comes Down », « Jealousy », « Spinnin' in the Black », « Lost All Control »).
Des titres comme « When Love Comes Down » profitent d'arrangements puissants. Le riff solide de « Higher Ground », l'un des titres forts de cet album, les quelques arpèges de « Come Hell Or High Water », la lead de « Fallin' », beaucoup d'éléments contribuent à faire de ce nouveau Bonfire un bon opus de hard, avec une très légère touche FM (« I Died Tonight »).
« Higher Ground » est disponible depuis le 24/01/2025 via Frontiers Records.
THE 7TH GUILD (power mélodique), Triumviro (21/02/2025)
Le 23/02/2025
Tomi Fooler (Skeletoon), Giacomo Voli (Rhapsody Of Fire) et Ivan Gianni (Vision Divine) se partagent le chant de cet album de power mélodique.
Par Ahasverus
A découvrir ce mois-ci « Triumviro », le premier album du groupe italien The 7th Guild.
L'artwork est l'oeuvre de Thomas Ewerhard (Avantasia, Storace, Therion).
Ce groupe réunit trois chanteurs de haut niveau : Tomi Fooler (Skeletoon), Giacomo Voli (Rhapsody Of Fire) et Ivan Gianni (Vision Divine).
Le reste du casting est pas mal non plus puisqu'il comprend des membres de formations tout aussi prestigieuses : le clavieriste Alessio Lucatti (Vision Divine), le batteur Michael Ehre (Gamma Ray), le guitariste Simone Mulanori (DGM), et le bassiste Francesco Ferraro (Freedom Call).
Si l'idée est alléchante et l'interprétation sans faille, si la vidéo à trois chanteurs capte totalement l'attention, le power mélodique du supergroupe italien manque du relief nécessaire pour retenir l'attention sur la durée, et seule sort du lot la cover de Shaman qui cloture la galette de magnifique manière.
A découvrir cependant pour apprécier la conjugaison des trois grandes voix qui ont eu la bonne idée de se réunir.
« Triumviro » est disponible depuis le 21 février 2025 via Scarlet Records.
DREAM THEATER (prog metal), Parasomnia (07/02/2025)
Le 22/02/2025
Dream Theater conserve son trône au sommet du metal progressif et la révolution n'est pas pour demain.
Par Ahasverus
Quatre ans après le très estimable « A View from the Top of the World », Dream Theater revient avec « Parasomnia », un album qui marque le retour de de Mike Portnoy, parti en 2009 après « Black Clouds and Silver Linings ».
Fidèle au poste depuis « Octavarium », Hugh Syme (Rush) signe le bel artwork de ce nouvel opus.
Sombre, voire funeste (« Are We Dreaming? »), le heavy « Parasomnia » exploite la veine la plus métallique de Dream Theater. Il avance puissamment ses riffs, brossant un tableau avec des touches qui vont de l'avant-garde au thrash en passant par le classique.
La douceur prend cependant sa part avec le très beau « Bend the Clock »
Si certains font la fine bouche et déplorent une certaine prévisibilité, il ne faut pas oublier qu'on est face à l'un des plus grands groupes de l'histoire de la musique progressive, un incontournable, peut être le plus grand que le metal ait porté.
Les longues pièces qui se succèdent et leur succulent bouquet final de dix-neuf minutes font immanquablement leur oeuvre. Riffs et soli parsèment un album aux tiroirs pleins de richesses et cependant très accessible.
« Parasomnia » permet à Dream Theater de conserver son trône au sommet du metal progressif. Et la révolution n'est à l'évidence pas pour demain.
« Parasomnia » est disponible depuis le 07/02/2025 via Inside Out Music.
Dream Theater sera en France :
- Samedi 07 juin 2025 – Nancy / Heavy Week-end
- Samedi 21 juin 2025 – Clisson / Hellfest
- Vendredi 18 juillet 2025 – Saint-Julien-en-Genevois / Guitare en Scène
- Mardi 29 juillet 2025 – Orange / Théatre Antique
LARKIN POE (blues/rock), Bloom (22/01/2025)
Le 22/02/2025
Une valeur sûre !
Par Ahasverus
Larkin Poe est un groupe de blues rock constitué autour de Rebecca (chant, mandoline, guitare) et Megan Lovell (dobro, lap steel, chant). Il est né des cendres du trio The Lovell Sisters, dissous après le départ de Jesica Lovell en 2009.
Initialement orienté folk, Larkin Poe se tourne après quelques EP vers le blues rock où il obtient la reconnaissance. « Peach » (2017) remporte le Blues Music Award du « meilleur album d'artiste émergent » de la Blues Foundation. « Venom & Faith » (2018) et « Blood Harmony » (2022) se distinguent par des distinctions similaires.
Le 22/01/2025 Larkin Poe sort son huitième album, « Bloom ».
Toujours gorgé de blues (« If God is a Woman ») et de lap steel, « Bloom » sent bon le Sud des U. S. A.
Plus ouvert que ses prédécesseurs (« Mocking Bird », « Easy Love pt. 1 »), il déborde parfois vers une rock radio-compatible (« You Are the River », « Fool Outta Me », « Little Bit ») et même vers un blues rock intense (« Pearl », « Bluephoria ») ou un hard-rock proche d'un ThunderMother (« Nowhere Fast »).
Larkin Poe est maintenant une valeur sûre et son nouvel album est une franche réussite dans tous les domaines. Il se hisse à la hauteur des récentes productions des soeurs Lowelll, c'est à dire à un très haut niveau, et il ne pourra que conquérir le coeur de nouveaux fans.
Les Français applaudiront Larkin Poe sur scène le :
- 24 octobre 2025 : La Salle Pleyel, Paris
- 9 novembre 2025 : Paloma, Nîmes
- 16 novembre 2025 : Le Rocher de Palmer, Bordeaux
- 18 novembre 2025 : La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
- 19 novembre 2025 : La Sirène, La Rochelle
THUNDERMOTHER (hard-rock), Dirty & Divine (07/02/2025)
Le 16/02/2025
Artistiquement, c'est une réussite. Elle a bien fait de ne rien lâcher, Filippa.
Par Ahasverus
Il y a un boss et un seul chez ThunderMother, c'est sa fondatrice Filippa Nässil !
Et lorsque ça ne file pas droit, la guitariste n'hésite pas à donnern du fer dans son line-up.
La dernière ruade de la Scandinave date de février 2022 : un différend avec sa frontwoman Guernica Mancini voit Filippa rester seule tandis que Guernica, Emlee Johansson et Mona Lindgren quittent le drakkar pour fonder The Gems. Les filles tirent les premières avec l'album « Phoenix » ; Filippa fourbit ses armes avec un opus solo, « American Diaries ».
Pour ThunderMother, le pari n'est pas gagné d'avance. D'abord parce que Nässil apparait en tyran dans le coeur des fans. Ensuite parce qu'il faut trouver une remplaçante à la charismatique et puissante Guernica Mancini, ce qui n'est pas une mince affaire.
Filippa se tourne vers Linnea Vikstrom (Therion). Elle complète sa formation avec Majsan Lindberg à la basse et Joan Massing à la batterie.
THUNDERMOTHER en 2025
ThunderNässil n'aura finalement pas mis bien longtemps pour rebondir : c'est en février 2025 que sort le sixième album de ThunderMother. Il s'appelle « Dirty & Divine ».
Enregistré à Copenhague et produit par Soren Andersen, il serait mis en boîte dans des conditions proches du live, le groupe enregistrant notamment huit morceaux en quatre jours !
Le résultat est bluffant ! Linnea Vikstrom relève le gant, domine de la tête et des épaules le songwriting et réussit l'impossible : faire oublier Guernica Mancini !
« Can't Put Out the Fire » ! P*** de morceau sur lesquels les filles se refilent le témoin du chant lead à la manière d'un Kiss !
Le reste colle. Au trot : « Bright Eyes », « Can You Feel It », « Dead or Alive » ; au galop : « Take the Power », « Speaking of the Devil », « American Adrenaline », « I Left My License In The Future »...
Les bons morceaux s'enchaînent et ne se ressemblent pas. ThunderMother nous fait penser à une version hard et musclée du bluesy Larkin Poe qui sort également ce mois-ci.
Finalement, artistiquement, c'est une réussite, un bien bon skeud de rock N' roll.
Elle a bien fait de ne rien lâcher, Filippa.